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Peau • Bien-être • Vie après 40 ans

Maman est seule à la maison et soudain, c'est un silence pesant.

Toutes les deux semaines, le vendredi soir, le même petit rituel.
Les sacs dans l’entrée, les chargeurs de téléphone qu’on cherche encore à la dernière minute, un dernier chaos dans la salle de bain… puis la sonnette retentit.
Leur père est devant la porte.
Un rapide au revoir, un "Salut maman !" , encore une étreinte… et les voilà déjà qui dévalent les escaliers avec leurs sacs.
Je leur fais signe de la main, j’entends la voiture démarrer, puis soudain, c’est comme si l’appartement retenait son souffle pendant un instant.
Je me sers un verre de vin, j’allume une bougie et je me laisse tomber sur le canapé.
Pour la première fois depuis des jours, personne ne me parle, personne n’a besoin de moi, personne ne veut quelque chose.
Il n’y a plus que moi… et cette étrange sensation de temps.
Mes pensées vont dans tous les sens.
Je réfléchis à tout ce que je pourrais faire: enfin ranger, écrire, prendre un bain… ou peut-être simplement ne rien faire.
Mais au lieu de l’agitation, une lenteur silencieuse s’installe doucement.
Je l’apprécie… et pourtant, quelque part en moi, cela résonne comme une pièce un peu trop vide.
Je fais quelques pas dans l’appartement, je remets un coussin en place ici, je replie un plaid là-bas.
Tout reste exactement comme je le laisse.
Et justement, c’est cela qui paraît étrange.
D’habitude, il y a toujours quelqu’un qui passe en courant, qui laisse des traces : un tiroir ouvert, un pull froissé, un éclat de rire venant d’une chambre.
Maintenant, tout est rangé. Parfait.
Et un peu sans vie.
Le samedi matin, je me réveille tôt même si je pourrais dormir longtemps.
Je bois mon café, je traverse le salon en pyjama et je mets de la musique, doucement, pour ne pas briser la magie du matin.
Pendant un instant, c’est beau d’être simplement là.
Mais ensuite, je réalise à quel point mes deux petites terreurs me manquent.
Leurs yeux levés au ciel quand je demande si elles ont déjà mangé.
Les disputes éternelles pour savoir qui devait ranger.
Leurs éclats de rire quand elles se montrent des vidéos que je ne comprends même pas, mais qui me font rire quand même parce qu’elles rient.
Je passe devant les portes de leurs chambres et je m’arrête un instant.
Le chaos de leur univers est là, figé comme dans le temps.
D’habitude, je soupirerais profondément, peut-être même que je râlerais un peu.
Cette fois, je souris simplement en pensant:
"Oui… c’est exactement comme ça que ça doit être. C’est nous."
Parfois, le soir, je me surprends à sortir deux ou trois assiettes avant de me rappeler que ce soir, je mange seule.
Ou j’ouvre instinctivement la porte pour demander:
"Quelqu’un veut regarder quelque chose avec moi ?"
Puis je m’arrête. Parce que je réalise que c’est précisément dans ces petits moments-là que leur absence me touche le plus.
Et puis le dimanche soir, enfin, la porte d’entrée s’ouvre. J’entends à leurs pas qu’elles sont revenues.
Un rapide "Salut", des chaussures abandonnées au milieu du couloir, des sacs qui tombent, des portes qui claquent.
Je sais qu’elles vont d’abord se retirer un peu dans leur monde à elles. Les week-ends partagés laissent toujours quelque chose en elles.
Mais le simple fait de savoir qu’elles sont là de nouveau remplit mon cœur d’une chaleur impossible à décrire.
Il y a des voix.
De la musique.
Un rire discret.
Et en moi se répand ce sentiment que je ne connais que lorsque tout est revenu à sa place:
Mon chez-moi.
Mes filles.
Mes deux petites terreurs. 💛
Parfois, il faut traverser le silence pour comprendre à quel point la vie nous aime à travers ce qui nous manque.
